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Diables_1970_1.jpgLes diables

The devils - Ken Russel - 1970

Résistant à la censure du pouvoir, l'abbé Urbain Grandier s’oppose à l’autorité du roi Louis XIII. Mais au couvent de ce dernier, l'inquiétante Mère Jeanne des Anges se déclare possédée par le diable. Voyant une occasion parfaite d’éliminer Grandier, le roi en profite pour l’accuser de sorcellerie.

note : oui ! l'enfant illégitime d'une partouze entre zardoz, caligula et orange mécanique (à moins que ce ne soit l'inverse), un film parfaitement allumé, érotique, fiévreux et violent comme (redisons-le) seules les 70s savaient le faire - et pourtant je vous parle d'un film 'en costume'...

the-big-lebowski.jpgThe big Lebowski

Joel et Ethan Coen - 1997

Jeff Lebowski, dit le Dude, est un homme de principes. Il boit, fume et joue au bowling avec son pote Walter, c'est tout. Aussi, quand deux truands qui le prennent pour un autre Lebowski, millionnaire celui-ci, le menacent et souillent son tapis, le Dude décide-t-il de demander réparation. C'est là que les ennuis commencent.

note : c'est rare de voir une comédie plusieurs fois sur 15 ans et continuer à rire - rien que pour ça (uniquement pour ça ?) félicitons les coen...

le_fond_de_l_air_est_rouge,0.jpgLe fond de l'air est rouge

Chris Marker - 1977

« … Au cours de ces dix années, un certain nombre d'hommes et de forces (quelquefois plus instinctives qu'organisées) ont tenté de jouer pour leur compte, fût ce en renversant les pièces. Tous ont échoué sur les terrains qu'ils avaient choisis. C'est quand même leur passage qui a le plus profondément transformé les données politiques de notre temps.Ce film ne prétend qu'à mettre en évidence quelques étapes de cette transformation. » Chris Marker. Images officielles, bouts de films, chutes de reportages,  bobines négligées sont les matériaux de cette fresque, dont le visionnage se clôt sur le déroulant suivant : «  les véritables auteurs de ce film sont les innombrables cameramen, preneurs de son, témoins et militants dont le travail s'oppose sans cesse à celui des pouvoirs, qui nous voudraient sans mémoire. »

note : complexe, touffu, brouillon même, mais avec un fil directeur ténu qui nous fait épatamment passer de l'espoir révolutionnaire à un constat d'échec d'une décennie qui fascine - et qui fascine même drôlement par ici...

lost_highway.jpgLost Highway

David Lynch - 1996

Fred Madison a tout pour être heureux, y compris une épouse magnifique. Pourtant, un jour, par le biais de cassettes vidéos, il commence à endosser la personnalité d'un mari jaloux, ce qui l'amène à tuer sa femme. Ou l'histoire d'un assassin schizophrène racontée du point de vue des différentes personnalités de l'assassin lui-même.

note : si on me demande, je dirais que c'est le film où lynch est à son maximum avant abus, incroyablement esthétique, terriblement nébuleux mais avec quand même un fil auquel se rattacher - sans compter que la plastique de l'héroïne est, euh, comment dire...

Workingmans_death.jpgWorkingman's Death

Michael Glawogger - 2005

Alors qu'en ce début de 21ème siècle les métiers manuels difficiles ont quasiment disparu de nos contrées européennes, il existe encore de nombreux pays, dans lesquels ils sont toujours à l'ordre du jour. Michael Glawogger nous entraîne dans un voyage en direction de cinq pays, où il dresse un tableau de ces métiers et de ces ouvriers : en Ukraine dans une mine de charbon réouverte par une poignée d'hommes, au Nigeria dans un abattoir-rotissoir géant à ciel ouvert, en Indonésie auprès de porteurs de soufre payés au kilo, au Pakistan sur les chantiers de démantèlement de navires rouillés, et en Chine dans un haut-fourneau.

note : plus qu'épatant, terriblement dur, tout en exaltant l'humanité laborieuse - le meilleur documentaire depuis notre pain quotidien...

l-empreinte-de-la-justice.jpgL'empreinte de la justice

The memory of justice - Marcel Ophuls - 1976

Dans ce documentaire controversé, Ophuls trace un parallèle entre les atrocités commises par les nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale et les exactions des Français en Algérie comme des Américains au Vietnam - et y interroge les conséquences de la « logique de guerre ». Le film s'appelle ainsi baptisé ainsi en souvenir de Platon, « qui pensait que l'humanité porte en un repli caché de son âme le vague souvenir d'une existence idéale. Le souvenir d'une justice parfaite en fait partie.

note : ouch, un grand coup sur la tête, un peu long comme coup (5h...), mais très bon - très très, même...

Dr-Folamour-1963-3.jpgDr Folamour, ou : comment j'ai appris à ne plus avoir peur de la bombe

Dr Starngelove, or : how I learned to stop worrying and love the bomb - Stanley Kubrick - 1963

Le général Jack Ripper, convaincu que les Russes ont décidé d'empoisonner l'eau potable des États-Unis, lance sur l'URSS une offensive de bombardiers B-52 en ayant pris soin d'isoler la base aérienne de Burpelson du reste du monde. Pendant ce temps, Muffley, le Président des États-Unis, convoque l'état-major militaire dans la salle d'opérations du Pentagone et tente de rétablir la situation.

note : hilarant, glaçant, etc., vous trouverez tout ça sur le web - mais n'oubliez pas de voir son pendant sérieux et épatant, fail safe de sydney lumet...

Dead-Man-1995-1.jpgDead man

Jim Jarmush - 1995

Bill Blake, comptable sans emploi traqué et gravement blessé alors qu'il est devenu hors-la-loi par inadvertance, croise Nobody, un Amérindien rejeté des siens parce que lettré, et qui le prend pour son homonyme défunt le poète anglais William Blake. En sa compagnie, Bill ouvrira les yeux sur la fragilité du royaume des vivants.

note : très beau, très lent, musicalement magnifiquement emballé par neil young, le tout avec de l'humour - classe...

la-dialectique-peut-elle-casser-des-briques.jpgLa dialectique peut-elle casser des briques ?

René Viénet - 1973

« Dans une région occupée par les Bureaucrates, les dialecticiens vont venger les Communards et la bande à Bonnot ». Dans ce détournement hilarant, les images d'un film d’arts martiaux  sont sous-titrées par « l'association pour le développement des luttes de classes et la propagation du matérialisme dialectique ». et utilisées pour enchaîner les répliques cultes, mêlant slogans situationnistes et extraits de chansons anarchistes dégommant bourgeois, curés, capitalistes et bureaucrates.

note : absolument indispensable, surtout si on souhaite travailler sa subjectivité radicale (se trouve facilement sur le net)...

la_vie_de_jesus.jpgLa vie de Jésus

Bruno Dumont - 1996

Freddy - Fred - vit avec sa mère Yvette à Bailleul.  Il passe le plus clair de son temps à végéter avec ses copains et faire les cons. Ils n'ont pas vingt ans, sont ruraux, peu scolarisés et déjà chômeurs, traînant à longueur de journée sur leurs mobylettes trafiquées. Fred a sa copine - son amour - la belle Marie, caissière à la grande surface de la rue du Four. Ils font souvent l'amour. Ils croisent la route de Kader, qui sortirait bien avec Marie.

note : le premier Dumont, et tout est là : c'est beau, lent, glaçant, il ne se passe presque rien et c'est d'une violence sociale rare - mais je l'ai déjà dit, je suis fan...

network.jpgNetwork - Main basse sur la TV

Network - Sidney Lumet - 1976

En direct, le présentateur vedette des informations du soir de la chaine UBS annonce son renvoi et son prochain suicide. Le président de la chaine est scandalisé, et s'en prend au directeur de l'information. Une jeune ambitieuse propose de faire du suicidaire un symbole, et une marionnette d'un show fastueux. L’Amérique a bougé

note : un chef d’œuvre de critique sur la télé, où sont dénoncées les dérives de la télé-réalité 30 ans avant son arrivée - épatant (un peu daté visuellement, mais rien de désagréable)...

Hunger-2007-1.jpgHunger

Steve McQueen - 2007

Prison de Maze, Irlande du Nord, 1981. Raymond Lohan est surveillant, affecté au sinistre Quartier H où sont incarcérés les prisonniers politiques de l'IRA qui ont entamé le "Blanket and No-Wash Protest" pour témoigner leur colère. Détenus et gardiens y vivent un véritable enfer. Comme l'état britannique refuse de tenir compte de leurs revendications - notamment le statut  de prisonnier politique - Bobby Sands entame une nouvelle grève de la faim afin d'obtenir un statut à part pour les prisonniers politiques de l'IRA.

note : très fascinant, esthétiquement irréprochable, et particulièrement dur à avaler - avec en bonus un plan séquence de 17mn caméra fixe, sur une conversation hallucinante entre Sands et un prêtre...

lune-froide.jpgLune froide

Patrick Bouchitey - 1991

Simon et Dédé sont deux paumés en quête d'oubli et d'exaltation. Ils ne s'éveillent que la nuit, allumés par l'alcool, cherchant à perdre la raison. Ils délirent et déambulent, allant de petites magouilles en farces potaches, au risque d'aller trop loin.

note : il paraît que ça a fait scandale (la nécrophilie tout ça), mais moi, même si l'affiche est hideuse, je trouve ce film humain, beau et désespéré - ouais, rien que ça...

les_idiots.jpgLes idiots

Idioterne - Lars von Trier (non crédité, film "dogme") - 1998

Les Idiots sont un groupe de jeunes gens ayant un centre d'intérêt commun, provoquer la société en se comportant comme des attardés mentaux. Installés dans une villa, ils passent tout leur temps libre ensemble, à explorer les valeurs cachées et les moins appréciées de l'idiotie, et s'entraînent à trouver leur idiot intérieur et à le confronter au monde normé.

note : l'autre grand film dogme (avec festen, donc) propose une fin d'une violence psychologique rare, et on reste globalement difficilement indifférent aux situations montrées...

funny games

Michael Haneke - 1997

Anna, Georg et leur fils, riches bourgeois autrichiens,arrivent à  leur maison de campagne au bord d'un lac. Deux jeunes hommes obséquieux portant des gants blancs s'invitent pour un motif anodin : ils ont besoin d'œufs. Ils auront tôt fait de dévoiler la véritable raison de leur présence.

note : tous les codes du film horrifique, mais froids, disséqués et retournés (pourtant, je n'aime pas avoir peur quand je regarde un film) (et aussi, penser au remake-jumeau)...

Festen (Fête de famille)

Festen - Thomas Vinterberg - 1998

Au Danemark, dans un manoir, se prépare une grande fête pour les 60 ans du propriétaire et patriarche, Helge Klingenfelt. Les amis et la famille sont là, et le fils aîné de Helge, Christian, est chargé par son père de dire quelques mots au cours du dîner sur sa sœur jumelle, Linda, morte un an plus tôt. A la nuit tombante, le maître de cérémonie convie les nombreux invités à table. Personne ne se doute de rien quand Christian se lève pour faire son discours et révéler de terribles secrets familiaux.

note : une claque, le meilleur film du "dogme", sans hésiter.

spinal tap

this is spinal tap - Rob Reiner - 1984

Sous forme de faux reportages et d'extraits de concerts, nous découvrons la vie du célèbre groupe de rock "Spinal Tap", une bande de bras cassés hardos-métal-pop à qui arrivent toutes les mésaventures (et plans loose) réelles ou légendaires de l'histoire du rock'n'roll.

note : obligatoire pour les amateurs de r'n'r - là c'est une fiction, mais c'est presque le même film que les vrais documentaires anvil et some kind of monster !

Caligula

Caligola - Tinto Brass (officiel, mais refusant d'être crédité) et Bob Guccione - 1973

Inspiré de la vie de l'Empereur Caligula qui a régné sur Rome vers 40 après J.C. et dont la réputation sulfureuse a traversé les âges, source d'orgies et d'intrigues, symbole de la décadence érotique romaine au Ier siècle de notre ère.

note : alors là on commence à taper sérieusement dans le délire, le sexe et la violence - il y a même eu deux réalisateurs : un le jour pour la partie (déjà totalement barrée) avec les acteurs officiels et célèbres, et un la nuit pour les scènes X tournées en parallèle et en cachette ! (ah, c'est pas pour tous publics)

one + one / sympathy for the devil

Jean-Luc Godard - 1968

Un film expérimental sur le lien entre la création, incarnée par les Stones en studio, composant le génial "Sympathy for the devil", et la destruction, à travers la mise en scène de la contestation politique et de la violence.

note : curieux et fascinant - fondamental pour les amateurs de rock'n'roll (les stones l'étaient à l'époque) et de politique ("one+one" est la version validée par godard)...

notre pain quotidien

unser täglich brot - Nikos Geryhalter - 2005

Pendant deux ans, Nikolaus Geyrhalter a placé sa caméra au cœur des plus grands groupes européens agricoles, nous donnant accès des zones inaccessibles. Il a filmé les employés, les  lieux et les différents processus de production. Il montre une réalité démesurée qui a rejoint les descriptions des romans d'anticipation. Cadrages minutieusement composés, images cristallines, montage fluide construisent un film sans commentaire, sans propagande, dont les images parlent et demeurent.

note : exceptionnel - à ce jour le meilleur des documentaires sur l'agro-alimentaire (il faut aussi s'accrocher à son estomac, rien n'est caché)...

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